Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Jean, s’est adressé à la nation ce jeudi 3 avril depuis la Villa d’Accueil. Il a souligné la nécessité d’une réponse ferme contre les groupes criminels et a annoncé plusieurs mesures pour renforcer la lutte contre l’insécurité.
Dans son discours, il a réaffirmé la détermination des autorités à mettre fin aux gangs armés. “Nous n’allons pas laisser les gangs détruire le pays”, a-t-il déclaré d’un ton ferme, pointant du doigt les trafiquants de drogue, d’armes, de munitions et d’organes pour leur responsabilité dans l’instabilité actuelle. Il s’est engagé à ce que “le gouvernement gagne cette guerre” et a promis de donner des moyens supplémentaires aux forces de l’ordre.
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Parmi les mesures annoncées, l’économiste fait mention de l’intégration des agents du Bureau de Sécurité des Aires Protégées (BSAP) dans la lutte contre l’insécurité, sous réserve d’un processus de vérification rigoureux. “Nous devons mobiliser toutes les ressources disponibles, mais avec rigueur et responsabilité”, a-t-il déclaré. Il a également confirmé l’adoption prochaine d’un “budget de guerre”, soulignant que “les forces de l’ordre doivent disposer des moyens nécessaires pour mener cette bataille”.
Tout en assurant que le CPT a entendu “les cris” de la population, il a exhorté les citoyens à collaborer avec les autorités. “La coopération de la population est essentielle, mais nous devons rester vigilants face aux tentatives d’infiltration”, a-t-il prévenu.
Pendant que le représentant de l’Accord de Montana déclare n’avoir pas peur des gangs, plus de 80 % des institutions publiques du pays fuient la capitale haïtienne incapable de résister à la violence armée.
La situation sécuritaire continue de se détériorer. Chaque semaine, de nouveaux territoires tombent sous le contrôle des gangs, laissant la population livrée à elle-même. Alors que les promesses se multiplient, les actions concrètes tardent à se concrétiser.
Ce message à la nation intervient moins de 24 heures après que plusieurs milliers de citoyens, venus de Canapé-Vert, Turgeau, Carrefour-Feuilles, Debussy, Pacot, Carrefour, Delmas, entre autres, ont foulé le macadam pour dénoncer la passivité des autorités face à la montée en puissance des gangs armés.
Mith-Love Joachim
Crédit photo: Clarens Siffroy