Trois hommes en relation polyamoureuse ont adopté une enfant placée sous la responsabilité de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), une première au Canada. Ensemble, ils militent aujourd’hui pour faire reconnaître légalement leurs droits parentaux à trois.
Après plusieurs tentatives infructueuses auprès de la DPJ du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, la triade et leur avocate, Me Laura Cárdenas, se sont tournées vers la DPJ de la Montérégie-Est, qui a finalement accepté leur demande.
Me Cárdenas a contesté le refus initial, dénonçant une discrimination fondée sur la nature polyamoureuse de la relation de ses clients. Elle a souligné qu’aucune évaluation sérieuse de leur dossier n’avait été réalisée, ce qui constituerait une violation de leurs droits à l’égalité et à la dignité. En raison de la perte de confiance avec la DPJ de Montréal, une dérogation exceptionnelle a permis le transfert de la demande en Montérégie, selon La Presse.
Alexandre et Arnaud, en couple depuis 19 ans, ont rencontré Émile en 2018. Ensemble, ils forment désormais un « trouple » vivant sous le même toit dans un condo.
Si l’adoption a été légalement accordée, seuls Alexandre et Arnaud sont reconnus officiellement comme parents. Émile, bien qu’impliqué activement dans la vie de l’enfant, n’a aucun statut légal. En cas de séparation, il risquerait de perdre tout lien avec elle, un risque émotionnel important pour l’enfant et lui, selon La Presse.
Au Canada, la pluriparentalité n’est pas encore uniformément reconnue. Si des tribunaux en Ontario, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan acceptent qu’un enfant ait plus de deux parents, la Cour supérieure du Québec, tout en jugeant inconstitutionnel le refus de la pluriparentalité, a vu sa décision contestée en appel par le gouvernement Legault.
Les trois hommes regrettent cette posture et dénoncent l’impact sur les enfants concernés. « Ce n’est pas en refusant de nous reconnaître légalement que nous allons disparaître », affirment-ils.
