
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), à travers un communiqué publié ce vendredi, dit avoir appris avec consternation, la nouvelle du massacre perpétré dans la nuit du 2 au 3 octobre 2024 à l’encontre de la population de Pont-Sondé, 5e section communale de Saint-Marc, département de l’Artibonite. Il en profite pour exiger des autorités étatiques la protection immédiate de la population haïtienne.
Avec plus de 70 morts et près d’une vingtaine de blessés, le massacre de Pont-Sondé vient augmenter de manière significative, les milliers de victimes des actes attentatoires aux vies et aux biens perpétrés par les bandits armés qui jouissent, depuis plusieurs années, d’une grande impunité dans le pays, s’indigne l’organisme des droits humains.
Le mal de la population haïtienne ne fait que perdurer. Le RNDDH dit constater qu’en présence des nouvelles autorités étatiques, mises en place par la Communauté internationale, qui avaient promis de ramener l’ordre et la sécurité dans le pays, rien n’a changé. Elles ne se contentent que de vider les caisses de l’Etat en s’accordant toutes sortes d’avantages tout en laissant la population aux prises avec les bandits armés.
En effet, depuis leur intronisation, cinq (5) mois plus tôt pour le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) dont la coordination est assurée par Edgard LEBLANC Fils et trois (3) mois plus tôt pour le gouvernement dirigé par Garry CONILLE, rien n’est fait pour reprendre le contrôle des zones occupées par les bandits armés, désarmer ces derniers, les arrêter, les juger et les condamner proportionnellement aux actes qui leur sont reprochés, décrit l’organisation locale.
”Plus de soixante-dix (70) personnes tuées, dont des bébés, des enfants, des femmes et des personnes du troisième âge, plusieurs personnes portées disparues, des dizaines d’autres blessées par balles dont vingt-trois (23) ont été prises en charge par l’Hôpital Saint Nicolas, plusieurs autres blessées à l’arme blanche ou en tentant de s’enfuir, de nombreuses maisons, voitures et guérites incendiées, des centaines de familles obligées de se réfugier sur la Place publique Philippe Guerrier : le massacre de Pont-Sondé prouve que les différents services d’intelligence de la Primature, de la Présidence, du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et du ministère de la Justice et de la Sécurité publique ne servent à rien, les fonds alloués à ces différentes entités n’étant pas utilisés à cette fin”, concluent les responsables du réseau.
Et, sur ce point, le RNDDH rappelle que la Police Nationale d’Haïti (PNH) ne reçoit qu’une pitance de moins de trois-millions (3,000,000) de gourdes par mois pour ses services d’intelligence alors que les conseillers présidents, dont les deux (2) observateurs, reçoivent chacun cinq millions (5,000,000) de gourdes, soit 1.5 fois plus d’argent que l’institution policière, pour un service d’intelligence pourtant factice.
En somme, le RNDDH croit, que les rumeurs de la planification de ce massacre ainsi que les raisons pour lesquelles il était orchestré ayant circulé à Pont-Sondé depuis plus de deux (2) mois, si le montant alloué aux services d’intelligence des différentes structures étatiques mentionnées avait été effectivement utilisé aux fins prévues, le massacre de Pont-Sondé, aurait pu être évité.
L’organisation profite pour attirer l’attention des autorités étatiques, particulièrement de la Primature et du ministère de la Justice et de la Sécurité publique sur le fait qu’elles ne peuvent ”se contenter d’opposer aux massacres et attaques armées perpétrés par les bandits, des notes et des injonctions dérisoires qui n’ont aucun effet” et ne peuvent aucunement ramener l’ordre et la sécurité dans le pays.
Des recommandations
Fort tout cela, le Réseau National de Défense des Droits Humains a tenu à faire des recommandations aux autorités pour le bien de la population délaissée.
En effet, le RNDDH recommande aux autorités étatiques de :
- Rechercher activement les bandits armés membres de la base « Gran Grif » dirigés par Luckson ELAN, dont Ti Pay ainsi connu, membre influent de ladite base et sans l’aide de qui le massacre de Pont-Sondé n’aurait pu se dérouler ;
- Mettre l’action publique en mouvement à l’encontre de tous ces individus armés pour qu’ils soient jugés et condamnés avec la dernière rigueur ;
- Mettre en place des programmes visant à assister psychologiquement et financièrement toute la population de Pont-Sondé, particulièrement celle qui se retrouve aujourd’hui sur la Place publique Philippe Guerrier, qui est très secouée par l’attaque subie et qui n’avait pu rien emporter en fuyant la fureur de bandits armés de la base gran grif.
Par ailleurs, le RNDDH recommande au CPT et à la Primature de renoncer aux montants qui leur sont alloués pour leurs services d’intelligence qui ne valent rien et de mettre ce montant à la disposition de la Police Nationale d’Haïti (PNH).