12 mars : 4 ans après, les policiers tués à Village de Dieu tombent dans l’oubli ?

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Devoir de mémoire. Quatre (4) années se sont déjà écoulées, on se souvient de ce vendredi 12 mars engendrant l’amertume, l’indignation, le regret et surtout la révolte chez les Haïtiens. Une tentative d’opération policière dans la zone de Village de Dieu avait abouti à l’exécution crapuleuse de plusieurs agents de la Police nationale d’Haïti, dont des membres du SWAT.


Aujourd’hui encore, la société espère des réponses de la part des autorités sur ce drame inoubliable. Depuis lors, des arrestations des responsables et des impliqués ont-elles eu lieu ? Des préparatifs pour des opérations musclées dans un avenir proche ? Un rapport d’enquête à venir ?

Un rappel concernant les agents victimes

Le vendredi 12 mars 2021, au début de la journée, des agents de plusieurs unités spécialisées de la Police nationale, dont le SWAT et la BOID, avaient tenté de mener une opération au Village de Dieu afin de déloger le groupe armé qui contrôle ce quartier, situé à l’entrée sud de la capitale haïtienne. 

Jusqu’aujourd’hui, les chiffres se partagent sur le nombre de policiers restant au village délaissé par Dieu, puisque la PNH n’a pas pu récupérer les corps des siens. Cette opération décriée s’est soldée par la mort de cinq (5) policiers, une dizaine d’autres blessés, un véhicule blindé de la police incendié et un autre confisqué par les malfrats.


Le bidonville contrôlé par le gang 5 Segond reste l’espace de « kwa manman w ak kwa papa w » pour l’organisme de protections et de services. Armes, uniformes, corps et d’autres matériels sont restés sur le territoire ennemi. On ne peut pas oublier les différentes vidéos terrifiantes, visiblement prises par les bandits, faisant l’exhibition des cadavres ensanglantés des agents de police, piétinés, souillés… Ils se sont comportés en maîtres et seigneurs.


Parents en larmes aux yeux, société indignée, internautes en rage, ces faits ont enfoncé Haïti dans une profonde indignation. À ce fait, les internautes avaient initié le hashtag #FreeHaiti, du français (Libéré Haïti) et ils ont même sollicité l’aide de l’international. A-t-on encore eu des résultats ou des solutions ?

Réaction de la PNH

Des messages vocaux envoyés par des policiers en difficulté dans le village sont devenus viraux sur les réseaux. Coincés dans les chars sous des tirs, ils réclamaient à tout prix des renforts (secours) ; pourtant, ils n’ont pas été secourus par les hautes autorités policières, souffrantes de surdité.


Tout s’est déroulé sous le commandement nonchalant de Léon Charles.“ L’opération était une phase décisive dans les actions menées contre le phénomène de kidnapping. Village de Dieu est l’un des endroits où les bandits séquestrent la majorité des victimes ”, avait réagi le DG a.i. de la police à l’époque tout en se sympathisant aux familles des policiers tués. Il déclarait également que l’état-major s’était engagé à les accompagner.


La police ne lâchera pas et elle ne devrait pas, puisqu’elle a une mission à accomplir qui est de « protéger et servir la population », avait assuré Léon Charles.


Le mercredi 17 mars 2021, soit 5 jours après, la police nationale avait récupéré le blindé saisi par les caïds, oubliant les dépouilles des policiers. Une potentielle négociation (entre le gouvernement et le groupe armé) avait été évoquée pour cette récupération. 


À propos de la récupération des corps, Léon Charles s’était montré catégorique. “ La PNH n’aménagera aucun effort afin de les retrouver ”, avait-il lancé, soulignant que les moyens pour procéder à cette récupération ne doivent pas non plus mettre en danger la vie d’autres policiers.


“ La récupération des corps des policiers est une obligation morale envers les familles des victimes qui n’attendent que cela pour pouvoir faire leur deuil ”, avait-il également martelé dans la soirée du mercredi. “ Ce que le pays attend de nous, nous le ferons. C’est un engagement et nous le respecterons ”, avait promis Léon Charles. Jusqu’à ce jour, les familles ont pu mettre en terre leurs fils ?


Il faut souligner que la PNH avait trouvé un bouc émissaire pour cette opération catastrophique. L’inspecteur général Carl-Henry Boucher qui avait été placé en isolement juste après son audition à l’Inspection générale de la police nationale d’Haïti (IGPNH), le mardi 16 mars 2021.


Accusé d’être le responsable du gâchis, il avait déclaré : “ Je ne suis pas responsable de l’échec de l’opération à Village-de-Dieu ”.


Georges Renois Vivender, Désilus Wislet, Eugène Stanley, Ariel Poulard et Lucdor Pierre sont les cinq policiers tombés au Village de Dieu, qu’on pourrait appeler Village d’enfer, effectuant leur devoir de « protéger et servir », sans protection pour leur part, vivant ou mort.



Aujourd’hui encore, les parents qui n’ont pas pu donner des obsèques dignes à leurs fils souffrent amèrement. À mentionner que depuis lors, la PNH laisse la vie tranquille aux seigneurs du Village de Dieu. Une question remonte à la surface en ce jour : est-ce que les autorités laissent aux oubliettes le dossier des vaillants policiers tués et humiliés à Village de Dieu ?

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