Le parti politique « LAPE POU AYITI » a présenté, le 16 décembre 2025, une proposition de sortie de crise axée sur une gouvernance participative et inclusive. La date choisie n’est pas anodine : elle coïncide avec celle du 16 décembre 1990, marquant la première élection démocratique post-Duvalier, symbole de la volonté populaire.
Cette position a été exprimée lors d’une cérémonie marquant l’idéal du 16 décembre 1986. Selon Marie Sheila Martimé, intervenante à l’événement, cette date représente « le moment où le peuple haïtien a repris son droit à la souveraineté par les urnes, tournant le dos à la dictature ». Elle a cependant déploré que cet espoir ait été brisé par le coup d’État de 1991, ouvrant une période sombre de transitions instables, synonymes de deuil et de désespoir.
En effet, le parti fonde sa proposition sur trois piliers essentiels : la sécurité, la justice et la gouvernance inclusive. Selon Jean Fritznel Pierre-Louis, représentant de LAPE POU AYITI, aucune élection ne devrait être envisagée sans le rétablissement préalable de la sécurité, l’instauration d’une paix durable et la garantie d’un accès équitable à la justice pour tous.
Alors que l’accord du 3 avril 2023, instaurant le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), arrive à son terme le 7 février 2026, M. Pierre-Louis dénonce un « échec total » de la transition actuelle, qui selon lui, n’a rien apporté de concret au peuple haïtien.
Face à cette situation, LAPE POU AYITI propose une série de mesures stratégiques pour une transition réussie :
- Éradication des foyers de gangs sur tout le territoire ;
- Rétablissement de la sécurité dans les quartiers sensibles et zones stratégiques ;
- Identification et cartographie des zones contrôlées par les gangs ;
- Lancement d’opérations ciblées et progressives, avec la participation conjointe de la PNH, des FADH et de la Force multinationale de répression des gangs ;
- Réhabilitation des infrastructures publiques (routes, quartiers, bâtiments publics) occupées ou détruites par les groupes armés ;
- Mise en place d’un programme de retour et de réinsertion pour les personnes déplacées internes (PDI).
Selon les responsables du parti, ces conditions sont indispensables pour créer un climat propice à l’organisation d’élections générales crédibles et sécurisées.
Alors que plusieurs partis politiques appellent à une nouvelle transition bicéphale dirigée par un juge de la Cour de cassation comme président et un Premier ministre de consensus, le regroupement LAPE POU AYITI propose une tout autre formule.
Selon cette structure citoyenne, la future gouvernance de transition, une fois le Conseil présidentiel de transition (CPT) dissous, devrait conserver un format pluraliste inspiré des forces vives de la nation.
Elle recommande la mise en place d’un collège de personnalités issues de secteurs clés, composé de : un représentant de Religions pour la Paix, un membre de la presse; un représentant des organisations de défense des droits humains ; un membre de la Fédération des barreaux d’Haïti, un représentant du secteur universitaire et un observateur international, notamment un délégué de la CARICOM
LAPE POU AYITI estime que ce modèle inclusif est plus à même de garantir une transition crédible, transparente et connectée aux besoins réels de la population. Pour LAPE POU AYITI, l’heure est venue de rompre avec les schémas politiques stériles et d’ancrer la transition dans la légitimité citoyenne.
