Le Compas devient officiellement patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est l’UNESCO qui en a fait l’annonce ce 10 décembre 2025 lors de la 20ᵉ session tenue à New Delhi. Selon la délégation permanente d’Haïti auprès de l’organisation, cette décision souligne l’importance du konpa en tant que « symbole de cohésion sociale » et pilier de la vie culturelle » du pays.
Déjà inscrit depuis 2019 au registre national du patrimoine culturel immatériel, le Compas ou Konpa en créole a été fondé par le saxophoniste et guitariste Nemours Jean-Baptiste en 1955. Grâce à son rythme distinct, soutenu par des sections de cuivres et une basse caractéristique, il s’est imposé comme l’un des styles les plus influents de la région caribéenne.
Pour l’expert en patrimoine culturel et coordinateur du dossier, Ricarson Dorcé, présent en Inde, « la reconnaissance mondiale du Konpa consacre l’excellence de notre patrimoine immatériel et nous engage à poursuivre, avec détermination, la construction d’une société fondée sur la culture, le dialogue et la paix ».
Avec cette inscription, Haïti compte désormais un nouvel élément sur la liste du patrimoine culturel immatériel, aux côtés de la soupe Joumou (2021) et de la Cassave (2023). Selon les autorités culturelles, cette nouvelle reconnaissance renforce la visibilité internationale du pays et confirme la portée mondiale de ses traditions.
Ainsi, cette annonce intervient alors qu’Haïti cherche à accroître sa présence sur la scène internationale, au moment où la sélection nationale prépare son retour au Mondial 2026 après 52 ans d’absence. Dans un contexte marqué par des tensions politiques et sécuritaires, l’inscription du konpa apparaît comme un signal positif pour le pays, mettant en avant un patrimoine vivant qui continue d’illustrer la créativité haïtienne et son influence culturelle au-delà de ses frontières.
Photto : danse compas organisée dans un hôtel de Port-au-Prince, capitale d’Haïti, le 5 décembre 2025 © Clarens SIFFROY / AFP
