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12 janvier 2010 : seize ans après, 217 sites de déplacés toujours dans des conditions inhumaines, dénonce le RNDDH 


Seize ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes et d’énormes dégâts matériels, Haïti peine toujours à se relever. À l’occasion de cet anniversaire, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dénonce la persistance de 217 sites d’hébergement et de relocalisation, initialement construits pour accueillir les sinistrés, et dont les conditions de vie demeurent alarmantes.

Dans un rapport d’enquête publié ce lundi 12 janvier 2026, le RNDDH révèle que les camps de relogement mis en place après le séisme n’ont jamais totalement disparu. Ils accueillent aujourd’hui non seulement d’anciens sinistrés, mais aussi des personnes déplacées par la violence armée, ainsi que des victimes de catastrophes naturelles récentes, notamment l’ouragan Mélissa qui a frappé Petit-Goâve en octobre 2025.

Selon les données de la Protection civile citées par le RNDDH, Haïti compte actuellement 217 sites de déplacés internes répartis dans 25 communes des départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest. L’organisation a mené une enquête dans 40 de ces sites, soit 18 % du total, dont 15 écoles et une université. Ces sites abritent 69 681 personnes déplacées, parmi lesquelles figurent 27 247 femmes et 19 455 enfants. Le rapport recense également 363 personnes vivant avec un handicap ; moteur, cognitif ou sensoriel, présentes dans 90 % des sites visités.

À l’occasion de ce 16ᵉ anniversaire, le RNDDH alerte sur les conditions de vie extrêmement précaires des personnes déplacées internes (PDI). La surpopulation et l’exiguïté des espaces favorisent une grande promiscuité, l’insalubrité, ainsi que la prolifération d’insectes et de rongeurs, vecteurs de maladies contagieuses.

« Les femmes enceintes et allaitantes subissent ces conditions désastreuses. Dès leur naissance, les bébés sont plongés dans cette insalubrité. En journée, la chaleur est souvent insupportable, tant sous les tentes qu’à l’intérieur des espaces communs, obligeant les déplacés à rester aux abords des sites ou à chercher refuge ailleurs », écrit l’organisation dans son rapport.

Outre l’insalubrité généralisée, le RNDDH rapporte la présence de punaises, moustiques, mouches, vers et rongeurs dans plusieurs sites. Des eaux usées stagnent dans les cours et aux alentours, favorisant l’apparition et la propagation de maladies, dont la gale, recensée notamment au Lycée Marie-Jeanne.

Le rapport met ainsi en lumière la précarité persistante dans ces lieux d’hébergement mis en place après le séisme du 12 janvier 2010. Face à cette situation jugée intolérable, le RNDDH appelle l’État haïtien à agir de toute urgence afin d’améliorer les conditions de vie des déplacés internes.

L’organisation recommande notamment de poursuivre et juger les responsables du chaos, de rétablir la sécurité pour permettre le retour des familles dans leurs quartiers, de fournir une aide financière aux déplacés pour leur relogement ou leur retour en province, d’assurer un accompagnement psychologique adéquat, et de mettre en œuvre un plan de protection spécifique en faveur des femmes, des filles et des personnes vivant avec un handicap.

Photo : source Google


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