L’opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de sa femme continue de susciter une vive vague de réactions à travers le monde. Plusieurs dirigeants internationaux, dont Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont dénoncé l’attaque américaine, la qualifiant d’une violation grave du droit international et d’atteinte à la souveraineté vénézuélienne.
Quelques heures après les frappes de l’armée américaine et la capture du chef de l’État vénézuélien, Trump a déclaré, lors d’une conférence de presse, que les États-Unis resteraient au Venezuela “jusqu’à ce qu’une transition soit engagée”.
Le locataire de la Maison-Blanche a assuré que Washington entendait « s’engager dans la transition afin qu’elle soit judicieuse » dans l’optique de garantir la paix, la liberté et la justice pour les citoyens vénézuéliens.
Caracas affirme être prêt à se défendre
En réaction, la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a affirmé que son pays était prêt à faire face à toute escalade.
« Nous sommes prêts à défendre le Venezuela », a-t-elle déclaré, dénonçant une intervention étrangère qu’elle juge attentatoire à la souveraineté nationale.
L’ONU s’inquiète d’un dangereux précédent
Dans ce contexte, les Nations unies ont exprimé leur préoccupation. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a estimé que « le droit international n’a peut-être pas été respecté », évoquant un « dangereux précédent ».
Il a appelé l’ensemble des acteurs à privilégier « un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’Homme et de l’État de droit », selon une déclaration officielle.
De son côté, la Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela, qualifiant l’action américaine contre Caracas, d’« atteinte à la souveraineté de l’Amérique latine ».
Sur son compte X, le président Gustavo Petro a appelé à une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU afin d’évaluer la « légalité internationale » de cette « agression », avertissant d’un risque de crise humanitaire.
Le Brésil dénonce un acte inacceptable
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a dénoncé un « acte inacceptable » commis sur le sol vénézuélien.
« Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président constituent une grave atteinte à la souveraineté du Venezuela et un précédent extrêmement dangereux pour l’ensemble de la communauté internationale », a-t-il écrit sur X.
Il a estimé que l’attaque de pays souverains en violation du droit international ouvrait la voie « à un monde de violence, de chaos et d’instabilité ».
Par ailleurs, le Mexique a fermement condamné l’attaque militaire américaine, évoquant une violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations unies.

Dans un communiqué, la diplomatie mexicaine a lancé « un appel urgent au respect du droit international » et à la cessation de tout acte d’agression contre « le gouvernement et le peuple vénézuéliens », rappelant sa tradition pacifiste.
Alliée du Venezuela, la Russie n’est pas restée indifférente. « Nous appelons résolument les dirigeants américains à reconsidérer cette position et à libérer le président légalement élu d’un pays souverain et son épouse », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur son compte X.
L’intervention américaine a été également condamnée par la Chine. Dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères s’est dit « profondément choqué » et a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ».
Les autorités chinoises ont dénoncé un « comportement hégémonique des États-Unis » qui « viole gravement le droit international », « porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes ».
Ennemi déclaré de Washington, l’Iran a « fermemement condamné l’attaque militaire américaine contre le Venezuela », ajoutant qu’il s’agit d’une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays », fustigeant « l’agression illégale des États-Unis.
À l’inverse, la France et Israël figurent parmi les pays n’ayant pas condamné les bombardements américains. L’État hébreu a salué l’intervention, qualifiant Donald Trump de « leader du monde libre ».
« En ce moment historique, Israël se tient aux côtés du peuple vénézuélien épris de liberté, qui a souffert sous la tyrannie illégale de Maduro. Israël se félicite de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue », a ajouté le ministère israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, sur son compte X.
Cette réaction rejoint celle du président français Emmanuel Macron qui estime que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir ».
Il convient de noter que lavion transportant le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse est déjà arrivé aux États-Unis pour faire face à la justice américaine.
