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Violence sexuelle en Haïti : MSF sonne l’alarme face à une explosion des cas


Dans un rapport intitulé « Violences sexuelles et sexistes à Port-au-Prince, en Haïti », fondé sur dix ans de données médicales, Médecins Sans Frontières (MSF) affirme que les violences sexuelles à Port-au-Prince ont triplé depuis 2021. Cette situation alarmante résulte de l’emprise croissante des gangs armés sur la population civile.

Selon MSF, 98 % des victimes de violences sexuelles sont des femmes et des filles. « Sur cette période, l’établissement a fourni des soins médicaux et psychosociaux à près de 17 000 personnes, dont 98 % de femmes et de filles », peut-on lire dans le rapport.

« Depuis 2021, le nombre de survivantes de violences sexuelles prises en charge par la clinique a presque triplé, passant d’une moyenne de 95 admissions mensuelles en 2021 à plus de 250 en 2025 », explique Diana Manilla Arroyo, cheffe de mission de MSF en Haïti.

Les données médicales et les témoignages recueillis au sein de la clinique Pran Men’m révèlent que les violences sexuelles touchent des femmes et des filles de tous âges, en particulier celles déplacées par les violences armées, dont la vulnérabilité est fortement accrue.

Près d’une victime sur cinq suivie à Pran Men’m a subi des agressions répétées. Les témoignages font également état d’une brutalité croissante : depuis 2022, plus de la moitié des patientes déclarent avoir été agressées par des membres de groupes armés, souvent lors de viols collectifs, impliquant parfois plus de dix agresseurs.

« Ils m’ont battue et cassé les dents… Trois jeunes qui pourraient être mes enfants », témoigne une survivante de 53 ans. « Quand j’ai refusé de coucher avec eux, ils m’ont frappée et je suis tombée. Pendant que je luttais, ils m’ont donné des coups dans le dos qui me font encore mal, des mois plus tard. Après m’avoir violée, ils ont violé ma fille… et battu mon mari. »

Le rapport souligne de graves lacunes dans la prise en charge des victimes, notamment l’insuffisance de services essentiels tels que les refuges et le soutien financier, vers lesquels MSF ne peut souvent pas orienter les survivantes. La stigmatisation, la précarité économique, l’insécurité et le manque d’accès à l’information entravent fortement l’accès aux soins.

Depuis 2022, seule une victime sur trois a pu se rendre à la clinique Pran Men’m dans les 72 heures suivant l’agression, délai crucial pour prévenir la transmission du VIH. Par ailleurs, près de 60 % des patientes n’ont pas pu consulter dans les cinq jours, période nécessaire pour prévenir une grossesse non désirée.

MSF note que la situation est aggravée par la dégradation des infrastructures, notamment sanitaires, et par la détérioration des conditions de vie après des années de violences armées. Les coupes budgétaires américaines dans les services de planification familiale ont également privé des milliers de personnes d’un accès essentiel aux contraceptifs et à la prévention du VIH.

« Nous demandons une augmentation durable des financements des services de prise en charge afin de garantir un accès gratuit à des soins médicaux et psychosociaux complets pour les survivantes de violences sexuelles. Nous appelons également à une reconnaissance sans équivoque du caractère généralisé de ces violences et de leur utilisation délibérée par les groupes armés comme outil de contrôle et de soumission des femmes et des filles », conclut Diana Manilla Arroyo.


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