Un demandeur d’asile haïtien de 56 ans est décédé après plusieurs semaines de douleurs dentaires alors qu’il était détenu dans un centre relevant de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) en Arizona, selon une élue locale. Des responsables politiques ont demandé l’ouverture d’une enquête sur les conditions de sa prise en charge médicale.
Emmanuel Damas est mort lundi dans un hôpital de Scottsdale, après avoir passé environ quatre mois au centre correctionnel de Florence, a déclaré mardi au Arizona Daily Star Christine Ellis, conseillère municipale et vice-maire de Chandler. Selon cette infirmière diplômée, il avait signalé un mal de dents le 12 février et n’aurait reçu que de l’ibuprofène.
« Il se plaignait sans cesse depuis près de deux semaines, jusqu’à ce qu’il s’effondre et que l’infection le fasse dégénérer en septicémie », a-t-elle affirmé au quotidien.
« Personne ne devrait mourir d’un mal de dents. « Il faut faire quelque chose », a ajouté Mme Ellis, qui dit avoir été informée par la famille du défunt. Elle estime que « les difficultés rencontrées par Damas pour obtenir des soins médicaux en temps opportun avant son transfert à l’hôpital soulèvent de graves et douloureuses inquiétudes quant à la qualité des soins prodigués aux personnes détenues ».
Contacté par le journal, l’ICE n’avait pas confirmé le décès mercredi. « Dès que nous aurons des informations à partager, nous les fournirons », a indiqué sa porte-parole, Yasmeen Pitts O’Keefe, dans un courriel. Selon une lettre datée du 13 février et adressée par des sénateurs démocrates à la direction de l’ICE et au Département of Homeland Security (DHS), au moins 32 personnes sont mortes en détention à l’ICE l’an dernier. Emmanuel Damas serait le dixième décès signalé depuis le début de l’année 2026.
La députée démocrate de l’Arizona, Yassamin Ansari, a dénoncé des conditions de détention « inhumaines » et une « négligence médicale » après plusieurs visites dans des centres de l’État.
Le centre de Florence est géré par l’entreprise privée CoreCivic, qui a renvoyé les questions à l’ICE, selon le Arizona Daily Star. À ce stade, aucune annonce d’enquête fédérale n’avait été faite publiquement.
