Convoitée depuis plus d’un an, la commune de Mirebalais est finalement tombée sous la coupe des bandits. Dans la nuit du 30 au 31 mars 2025, les membres de la coalition criminelle “Viv Ansanm” ont mené une attaque contre la ville, orchestrant l’évasion des détenus de la prison et incendiant une partie du commissariat ainsi que plusieurs véhicules.
Armés jusqu’aux dents, des bandits venus de Croix-des-Bouquets et de Canaan ont facilement progressé vers Mirebalais, située à la frontière des départements du Centre et de l’Ouest. Dans les localités de Trianon et Labastille, en périphérie du centre-ville, les assaillants ont incendié plusieurs habitations, forçant la population à fuir.

La police, appuyée par des membres de la brigade de vigilance ainsi que par des agents de la BSAP, a tenté de résister face aux hommes de 400 Mawozo et des Talibans avant d’abandonner le commissariat et la prison civile. C’est ce qui a facilité l’évasion des prisonniers par les criminels.
Un détenu a été tué lors de cette évasion.
Dans des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, on peut voir son corps gisant au sol à l’intérieur de la prison. Plusieurs véhicules stationnés dans la cour du centre carcéral ont été réduits en cendres.
Même cas de figure au commissariat de la ville. Les hommes de Viv Ansanm ont incendié près d’une dizaine de véhicules ainsi qu’une partie des locaux du bâtiment de police.
Selon des sources sur place, les places publiques de Hinche et de Lascahobas sont débordées par des habitants fuyant la violence des gangs à Mirebalais.
Jointe par téléphone, Rosy Auguste Ducena, responsable de programmes du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), nous a confié que, le 24 mars 2025, ce centre carcéral comptait 533 détenus, dont 66 condamnés, tandis qu’environ 88 % étaient en attente de jugement.
À souligner, l’accès au Grand Nord est bloqué depuis plusieurs jours au niveau de Mirebalais. Les membres de la brigade de vigilance ont érigé une barricade par précaution, face à une éventuelle attaque des bandits armés qui menaçaient de prendre d’assaut la commune depuis plusieurs semaines. Pourtant, aucune mesure n’a été prise par les autorités pour empêcher cette offensive.