Dans le cadre de sa série de plaidoyers, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) est intervenue devant le Sous-comité des droits de la personne de la Chambre des communes du Canada, à Ottawa. L’organisation y a défendu quatre actions jugées urgentes et structurantes face à l’ampleur de la crise en Haïti.
Soucieuse de cohérence avec son récent rapport alarmant sur l’état civil, l’État de droit, les élections et la situation des personnes déplacées internes, l’OCNH a réitéré ses préoccupations majeures.
Lors de son intervention, le lundi 4 mai 2026, le Directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a appelé à des actions concrètes autour de quatre priorités :
- Réformer l’état civil afin de garantir une identité légale aux 3 millions de personnes dépourvues d’acte de naissance ;
- Assurer la protection et la dignité des 580 000 personnes déplacées internes ;
- Rétablir l’ordre constitutionnel à travers des élections crédibles, inclusives et transparentes ;
- Renforcer l’engagement du Canada en faveur de l’État de droit. « Avec des institutions solides, Haïti peut redevenir un État de droit », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, dans un rapport publié le 14 avril 2026, l’OCNH dénonce le grave dysfonctionnement des bureaux d’état civil en Haïti, privant de nombreux citoyens d’actes de naissance. L’enquête, menée dans plusieurs départements, met en évidence un système en forte dégradation et appelle à une réforme structurelle urgente.
Selon ce diagnostic, près de 85 % des officiers d’état civil, nommés depuis 1995, sont aujourd’hui vieillissants ou inaptes, entraînant la fermeture ou le fonctionnement irrégulier de nombreux bureaux. Cette situation pénalise lourdement la population : impossibilité d’obtenir des actes de naissance, exclusion des examens officiels et des listes électorales, difficultés à prouver son identité, ainsi qu’un accès limité aux services publics tels que les programmes sociaux et les passeports.
Face à cette crise, l’OCNH préconise une réforme en profondeur du système d’état civil, incluant la cartographie des bureaux, le recrutement transparent de nouveaux officiers, la numérisation des registres et le renforcement du cadre légal. L’organisation exhorte les autorités à moderniser et professionnaliser ce service public, tout en garantissant des enregistrements fiables, sécurisés et conformes aux standards internationaux.
