Les œuvres « Les Yeux que la nuit a pris » de Joubert Joseph et « Boukan » d’Alexandro Christi Nicolas figurent parmi les 13 textes finalistes du Prix RFI 2026. La sélection a été établie par le comité de lecture du Collectif À mots découverts.
La réalité haïtienne s’invite une nouvelle fois sur la scène littéraire internationale. Sur 142 textes soumis par des auteurs issus de 11 pays, deux dramaturges haïtiens ont réussi à se hisser parmi les 13 finalistes de cette prestigieuse récompense.
« 142 pièces lues parmi lesquelles il a fallu faire le difficile choix des 13 finalistes âgés de 26 à 47 ans, de 11 nationalités différentes, dont trois autrices », a indiqué le comité de lecture, cité par RFI.
Les œuvres sélectionnées abordent « les problématiques de l’Histoire et de la responsabilité, les questions sociales et intimes comme la légalisation de l’homosexualité et de l’avortement, la question des violences faites aux femmes et aux enfants, la dénonciation des mécanismes de corruption ou encore la revendication d’une vraie liberté d’expression et d’investigation. »
Deux récits inspirés de la réalité haïtienne
« Les Yeux que la Nuit a pris » de Joubert Joseph racontent l’histoire d’Édouard Belizaire, un entrepreneur devenu aveugle après une violente agression perpétrée par des gangs à Port-au-Prince. Privé de son métier et bouleversé par ce drame, il entreprend un difficile chemin vers la reconstruction, soutenu par sa compagne, Marlène. À travers cette œuvre, le journaliste du Le Nouvelliste et étudiant mémorant en Lettres Modernes à l’École Normale Supérieure (ENS) livre une réflexion profonde sur la violence, la résilience et la force de l’amour face à l’adversité. Poète et auteur de trois recueils de poésie, Joubert Joseph signe avec Les Yeux que la Nuit a pris sa première œuvre théâtrale.
De son côté, « Boukan » d’Alexandro Christi Nicolas retrace le destin d’une famille déchirée par la violence des gangs en Haïti. Une mère fuit avec son plus jeune enfant dans l’espoir de le sauver, tandis que ses deux aînés choisissent de rester. Leur combat pour survivre tourne au drame lorsque le frère est tué dans des circonstances d’une extrême brutalité. À travers les voix des personnages, l’auteur dresse un portrait bouleversant d’un pays marqué par la peur, la perte et l’exil, tout en laissant une place à la poésie et à l’humanité.
Les 13 textes présélectionnés :
Le Live de Papa Abdou Abou Gueye (Sénégal)
Gòor-jigéen de Éric Digbé (Côte d’Ivoire)
Le Colis du pays de Fidéa Abimbola Suarez Djenontin (Bénin)
La saison des tombes ouvertes de Laurence Essoham Gnaro (Togo)
Épouvantail ou le trou d’Abel de Gaël Tchêgoun Houkpatin (Bénin)
Pour une gorgée d’Atoumo de Nathalie Bidodessi Hounvo Yèkpè (Bénin)
Nouvelle expérience logistique de Rodrigue Isamaliki (RDC)
Les Yeux que la Nuit a pris de Joubert Joseph (Haïti)
Le caleçon du Père Georges de Edouard Dublin Mboko (RDC)
Vase à Urne de Gloire Ngoyi (République du Congo)
Boukan de Alexandro Christi Nicolas (Haïti)
Anachronik de Issan Giska Ntsila (République du Congo)
Ima Maryam : le jugement de Marie de Hermine Eliane Yollo Mingele (Cameroun)
Le lauréat du Prix RFI Théâtre 2026 sera dévoilé le dimanche 27 septembre prochain. La remise du prix aura lieu à Limoges, dans le cadre du festival Zébrures d’automne, selon RFI.
