À quelques jours de l’expiration du Statut de protection temporaire (TPS), prévue pour le 24 juillet 2026, l’administration Trump a expulsé, ce jeudi 16 juillet 2026, plus de 100 ressortissants haïtiens. L’avion, parti d’Alexandria, en Louisiane, avec une escale à Miami, a atterri à l’aéroport international du Cap-Haïtien.
Il s’agit du septième vol d’expulsion vers Haïti depuis le début de l’année. Après la fin du TPS, les autorités américaines prévoient d’organiser au moins deux vols d’expulsion par semaine, avec environ 200 personnes à bord à chaque rotation, selon le Miami Herald.
L’organisation Human Rights First a vivement dénoncé cette politique, estimant qu’elle met les migrants en danger. Pour Savi Arvey, directrice des politiques relatives aux droits des réfugiés et des immigrés au sein de l’organisation, renvoyer des personnes vers Haïti, où persistent la violence des gangs et une profonde crise humanitaire, revient à les exposer à un risque réel pour leur vie.
De son côté, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) estime qu’Haïti ne dispose pas des capacités nécessaires pour absorber un afflux massif de personnes expulsées, dans un contexte marqué par une insécurité persistante, des déplacements forcés de population et une crise humanitaire qui s’aggrave de jour en jour.
Il convient de rappeler que plus de 350 000 Haïtiens bénéficiant du TPS aux États-Unis sont désormais menacés d’expulsion, après le feu vert de la Cour suprême à la suppression de ce programme. Si les permis de travail ont été prolongés jusqu’au 24 juillet, les autorités américaines ont, dans le même temps, accéléré les vols de rapatriement vers Haïti.
Face à cette situation, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent des expulsions vers un pays confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire. De leur côté, des membres de la diaspora et plusieurs associations plaident pour l’adoption du projet de loi S4814, qui prévoit une prolongation de trois ans du TPS pour les ressortissants haïtiens.
Crédit photo : Gérard Maxineau
