Au moins 1 243 personnes ont été tuées et 738 blessées lors de 141 frappes de drones menées en Haïti entre mars 2025 et janvier 2026, dont des civils et des enfants, selon un rapport publié ce mardi 10 mars 2026 par Human Rights Watch. L’organisation affirme que certaines de ces opérations pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires.
Selon l’ONG, ces frappes ont été réalisées avec des drones quadricoptères armés d’explosifs, exploités par les forces de sécurité haïtiennes et des entrepreneurs privés, dans des zones urbaines densément peuplées.
Les données analysées par l’organisation indiquent qu’au moins 43 civils adultes et 17 enfants figurent parmi les personnes tuées.
« Des dizaines de personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées ou blessées lors de ces opérations meurtrières menées par drones », a déclaré Juanita Goebertus , directrice du programme Amériques de Human Rights Watch. Affirmant que « les autorités haïtiennes doivent d’urgence contrôler les forces de sécurité et les entreprises privées qui travaillent pour elles avant que d’autres enfants ne meurent. »
Le rapport affirme que ces attaques seraient menées par un groupe de travail spécialisé créé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, avec l’appui de la société militaire privée Vectus Global. L’ONG indique également que l’ambassadeur des États-Unis en Haïti a confirmé que le département d’État américain avait délivré une licence autorisant l’entreprise à exporter des services de défense vers le pays.
Human Rights Watch dit avoir examiné des données provenant de plusieurs sources ainsi que sept vidéos analysées et géolocalisées à Port-au-Prince, montrant l’utilisation de drones armés visant des véhicules ou des individus dans des zones habitées.
Selon l’organisation, certaines frappes semblent avoir visé des personnes ne représentant pas de menace immédiate, ce qui pourrait constituer une violation des normes internationales sur l’usage de la force.
L’ONG a également révélé une hausse marquée des attaques ces derniers mois, avec 57 frappes signalées entre novembre 2025 et janvier 2026, contre 29 entre août et octobre. L’opération la plus meurtrière aurait fait 57 morts, avec une moyenne de 8,8 personnes tuées par frappe.
Les frappes ont eu lieu dans neuf communes du département de l’Ouest, notamment Cabaret, Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Delmas, Kenscoff, Léogâne, Pétion-Ville, Port-au-Prince et Tabarre, selon le rapport.
À cet effet, Human Rights Watch appelle les autorités à ouvrir des enquêtes transparentes, à poursuivre les responsables en cas d’homicides illégaux et à clarifier la chaîne de commandement des opérations.
« Rétablir la sécurité en Haïti est essentiel, mais les attaques illégales menées à l’aide de drones armés ajoutent une nouvelle dimension à la violence qui ravage les communautés depuis des années », a déclaré Goebertus.
