Au moins 22 966 ressortissants haïtiens ont été expulsés vers Haïti en février 2026, selon un rapport du Groupe d’Appui aux Rapatriés et réfugiés (GARR), publié ce 6 avril 2026, qui dénonce la poursuite des déportations malgré une crise humanitaire et sécuritaire persistante.
« Les flux de déportations vers Haïti n’ont pas cessé malgré la gravité de la situation », a déploré l’organisation. Ces retours forcés interviennent alors que le pays fait face à une dégradation continue, marquée par des violences armées, des déplacements massifs de population et un affaiblissement de l’accès aux droits fondamentaux.
Selon le GARR, ces chiffres auraient pu être plus élevés sans certaines protections à l’étranger. « Ils auraient probablement été en hausse si les migrants haïtiens aux États-Unis protégés par le TPS avaient été plongés en situation irrégulière. »
Par ailleurs, l’organisation alerte sur des pratiques jugées préoccupantes, notamment en République dominicaine. « Les pratiques de déportations continuent d’être émaillées de violations des droits, indique le rapport, évoquant des femmes enceintes « pourchassées dans les maternités » ainsi que des cas d’extorsion et de mauvais traitements lors des transferts vers la frontière.
Dans ce contexte, le GARR met en garde contre une vulnérabilité accrue des personnes expulsées. » ces migrants auront du mal à retrouver un cadre de réinsertion normale », avertit-il, en appelant au respect des droits humains et à une réponse coordonnée face à une pression migratoire croissante.
Des migrants haïtiens expulsés des États-Unis récupèrent leurs biens sur le tarmac de l’aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince, en Haïti, le mardi 21 septembre 2021. PHOTO JOSEPH ODELYN, ASSOCIATED PRESS
