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dimanche, février 22, 2026
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Revenus contradictoires et comptes bancaires cachés : l’ULCC accable Martelly

L’Unité de Lutte Contre la Corruption recommande la mise en mouvement de l’action publique contre l’ancien président Joseph Michel Martelly pour fausse déclaration de patrimoine d’entrée et de sortie en raison des irrégularités et incohérences constatées. 

Dans son rapport d’enquête publié ce 8 décembre 2025, l’ULCC a fait d’importantes révélations sur les époux Martelly dans la période 2011 à 2016. Ce, après que l’Ensemble Contre la Corruption(ECC) a écrit à l’institution pour solliciter l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine de l’ex-couple présidentiel. Alors qu’ils (les époux Martelly) déclaraient détenir seulement trois comptes bancaires, la commission d’enquête de l’ULCC a découvert, « en plus d’une (1) carte de crédit, un total de vingt (20) comptes bancaires enregistrés aux noms des époux Martelly ainsi qu’à ceux des personnes et des entités qui leur sont juridiquement liées ». 

Selon les enquêteurs, douze comptes bancaires, tant individuels qu’institutionnels, non mentionnés dans la déclaration de patrimoine d’entrée de fonction, étaient pourtant actifs à cette date. Alors que plusieurs de ces comptes sont liés directement à la campagne électorale de Michel Joseph Martelly et à la Fondation Rose et Blanc. 

« La Commission d’enquête n’a pas retrouvé, dans les relevés fournis à la demande de l’ULCC par la CAPITAL BANK, le dépôt à terme (DAT) nᵒ 448953 ni le compte courant nᵒ 458316, pourtant déclarés par Michel Joseph MARTELLY dans la déclaration officielle d’entrée de fonction », peut-on lire.

Les omissions constatées par les enquêteurs en ce qui concerne le nombre réel de comptes bancaire que la présence de soldes significatifs non déclarés permet aux enquêteurs de conclure à une sous-évaluation manifeste du patrimoine déclaré par l’ex-chef d’État mais également à volonté réelle de fournir de fausses informations.

Conjointement, dans sa déclaration de sortie de fonction, M. Martelly a déclaré deux dépôts à terme (DAT) en dollars américains à la UNIBANK, d’un montant global de 86 866,37 dollars. Dans le même formulaire, M. Martelly a indiqué six (6) comptes bancaires, dont cinq (5) en dollars américains et un (1) en gourdes, domiciliés tous à la CAPITAL BANK et dont les soldes respectivement sont 175 372,97 dollars, 372,97 dollars, 5 226 577,25 gourdes.

Et les dettes?

Michel Martelly a indiqué avoir contracté un prêt hypothécaire à la UNIBANK, d’un montant initial de 108 620 000 gourdes, échéant en 2034 ; trois lignes de crédit détenues à la BNC, la UNICARTE et la SOGEBANK, totalisant respectivement 38 728,32 dollars et un million 145 000 gourdes.

Cependant, la déclaration de patrimoine de sortie de fonction de l’ancien chef de l’État déposée le 30 janvier 2018 au Greffe du Tribunal civil de Port-au-Prince et les relevés bancaires communiqués par la CAPITAL BANK, la BNC, la SOGEBANK et la UNIBANK ont révélé des écarts significatifs portant à la fois sur le nombre de comptes effectivement détenus par les époux Martelly et la nature desdits comptes. 

« Alors que la déclaration officielle de sortie de l’ex-président Michel Joseph Martelly ne faisait état que de six (6) comptes bancaires, les documents transmis par les banques ont mis en évidence l’existence de dix-sept (17) comptes bancaires actifs, ainsi que trois (3) cartes de crédit, enregistrés au nom de Michel Joseph Martelly et de Sophia Saint-Rémy Martelly ou d’entités qu’ils contrôlent directement ou indirectement », ont indiqué les enquêteurs.

L’ULCC affirme ne pas être en mesure de retracer ni d’identifier certains des comptes mentionnés par Martelly dans sa déclaration de sortie de patrimoine, notamment les dépôts à terme (DAT) et comptes supposément domiciliés respectivement à la UNIBANK et à la CAPITAL BANK. 

Ces incohérences substantielles, notamment l’absence de plusieurs comptes bancaires déclarés, l’impossibilité de retracer les cartes de crédit évoquées à la BNC et à la SOGEBANK, ainsi que l’existence de multiples comptes liés à des entités ou structures où Sophia Martely apparaît comme mandataire et signataire, soulèvent des interrogations légitimes quant à la sincérité, à l’exhaustivité et à la conformité de la déclaration patrimoniale exigée par la loi, selon l’ULCC. 

Le salaire du président

Michel Martelly a déclaré un salaire mensuel de 242 400,00 gourdes en qualité de président de la République d’Haïti et un revenu annuel d’environ 100 000 dollars américains provenant de la location d’instruments musicaux liés à ses activités artistiques privées.

De son côté, son épouse Sophia Martelly a déclaré un revenu annuel d’environ 60 000 dollars américains grâce aux activités commerciales dans le secteur d’impression et de publicité.

L’ULCC a révélé, toutefois, que Martelly a fourni plus tard une autre évaluation sur son revenu annuel net, soit 181 000 dollars américains. Cette somme inclut notamment son revenu présidentiel annuel, évalué à 2 207 410,70 gourdes, selon le formulaire de déclaration d’entrée en fonction. Le revenu familial consolidé a été à 529 000 dollars américains, dont 348 000 dollars américains attribués à son épouse.

En ce qui concerne les revenus personnels, artistiques et familiaux déclarés à l’entrée de fonction, ils font état de fortes incohérences, selon l’ULCC.

Et “l’écart non justifié de 81 000 de dollars américains entre le revenu artistique déclaré et le revenu net annuel, ainsi qu’une discordance majeure concernant les revenus de Mme Martelly (US$ 60 000 déclarés vs US$ 348 000,00 dans le revenu familial consolidé) ; à la sortie de fonction, l’augmentation substantielle des revenus privés (revenus artistiques et conférencier de l’ordre de 270 %) et des revenus locatifs, sans pièces justificatives ni traçabilité bancaire ou fiscale, soulève de sérieux doutes sur leur origine licite; l’omission totale de revenus publics de HTG 10 763 588,64 perçus par Sophia Martelly pendant le mandat constitue une violation flagrante des obligations déclaratives”, s’explique l’institution d’anticorruption. 

Au terme de ces irrégularités, omissions et incohérences relevées dans les déclarations de patrimoine d’entrée et de sortie de fonction de l’ancien président Michel Joseph Martelly, l’Unité de Lutte Contre la Corruption recommande, par conséquent, les poursuites judiciaires contre l’ancien chef de l’État pour fausse déclaration de patrimoine.

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