La Chambre des représentants a adopté ce jeudi 16 avril 2026 un projet de loi visant à prolonger de trois ans le statut de protection temporaire (TPS) pour environ 350 000 immigrants haïtiens. Un coup majeur porté à l’administration qui veut à tout prix mettre fin aux protections temporaires de nos compatriotes.
Le texte a été approuvé par 224 voix contre 204, avec le soutien de plusieurs élus républicains aux côtés des démocrates. Il permettrait aux bénéficiaires de continuer à vivre et travailler légalement aux États-Unis sans risque immédiat d’expulsion.
« Je sais de première main combien nos voisins haïtiens sont importants pour nos communautés, notre vie civique, notre culture, notre main-d’œuvre et notre économie », a déclaré la députée démocrate Ayanna Pressley, évoquant leur contribution dans des secteurs clés comme la santé et la construction.
Selon la coprésidente du groupe de travail sur Haïti à la Chambre des représentants, « il s’agit d’une victoire monumentale dans une longue bataille menée pour protéger la sécurité, la dignité et l’humanité de nos voisins haïtiens ».
L’élue a également mis en garde contre les conséquences d’un renvoi vers Haïti, confronté à une grave crise sécuritaire. Une telle décision équivaudrait, selon elle, à une « condamnation à mort », appelant le Congrès à « prendre la bonne décision ».
Il reste maintenant au Sénat, contrôlé par les républicains, à prendre la dernière décision. Le projet de loi pourrait être bloqué ou faire face à un veto présidentiel. La Cour suprême doit examiner en procédure accélérée un recours susceptible de remettre en cause le TPS pour plusieurs nationalités, dont les Haïtiens.
Selon les informations rapportées par l’Associated Press, plusieurs républicains ont dénoncé une mesure assimilée à une régularisation durable. « Rendre le temporaire permanent, c’est leur plan », a affirmé le représentant Jim Jordan. D’autres élus conservateurs ont toutefois soutenu le projet, soulignant le rôle économique des Haïtiens dans leurs circonscriptions.
Instauré après le séisme de 2010, le TPS a été prolongé à plusieurs reprises et concerne environ 1,3 million de personnes de différentes nationalités, selon les données disponibles, alors que l’administration Trump cherche à réduire ce programme dans le cadre d’une politique migratoire plus restrictive.
