Depuis son arrivée au Pentagone, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a écarté ou empêché la promotion de nombreux officiers supérieurs. Selon une enquête du New York Times, plus d’une vingtaine de généraux et d’amiraux ont été limogés ou poussés vers la sortie, tandis qu’une quarantaine d’autres ont été retirés des listes de promotion.
Selon France 24, cette réorganisation touche particulièrement les femmes et les officiers noirs. Plusieurs militaires de haut rang auraient été remplacés par des hommes blancs considérés comme plus proches des orientations de Hegseth, qui défend une armée davantage axée sur la puissance militaire et hostile aux politiques de diversité.
Parmi les femmes écartées figurent Linda Fagan, première femme à diriger la Garde côtière, l’amirale Lisa Franchetti, première femme à commander la Marine américaine, ainsi que la vice-amirale Shoshana Chatfield, ancienne représentante des États-Unis auprès de l’OTAN.
Les officiers noirs sont également concernés. Le contre-amiral Stephen D. Barnett, considéré par plusieurs responsables de la Marine comme un candidat de premier plan pour diriger un important commandement, n’a finalement pas obtenu le poste, attribué à un autre officier.
En 2025, Hegseth a également supprimé les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion au sein du Pentagone. Depuis, plusieurs officiers favorables à ces politiques ont été écartés ou privés de promotion. Les femmes ne représentent ainsi que 4 % des 201 candidats proposés cette année pour de hauts postes militaires, un niveau historiquement bas.
Hegseth est par ailleurs accusé de privilégier la loyauté personnelle et idéologique dans les promotions, au détriment de l’expérience et des procédures traditionnelles. Des officiers écartés, dont l’ancien chef d’état-major interarmées Charles Q. Brown, dénoncent une politisation croissante de l’armée, qu’ils jugent susceptible d’affaiblir son caractère apolitique et de détourner les forces armées de leur mission principale.
Photo : Mark Schiefelbein / AP
