La juriste sud-africaine Navi Pillay, 85 ans, a reçu vendredi le prix Nobel de la paix 2026 pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international. Ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle a notamment présidé une commission d’enquête de l’ONU qui a conclu en 2025 qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza, une accusation rejetée par les autorités israéliennes.
Selon Fox News, le comité Nobel a justifié cette distinction par la nécessité de renforcer les institutions judiciaires internationales pour garantir le respect de l’État de droit, alors que les guerres et les conflits se multiplient dans le monde. Il a également relevé la fréquence croissante des attaques politiques contre les juges et le droit international.
Les Nations unies ont salué cette distinction en félicitant leur ancienne responsable. Dans un message publié après l’annonce du prix, l’organisation a souligné que » l’engagement de Pillay en faveur de la justice, des droits humains et de la lutte contre l’impunité constituait une source d’inspiration pour l’institution et pour des millions de personnes à travers le monde « .
Cette récompense intervient dans un contexte de controverses autour des conclusions de la commission d’enquête que Pillay a présidée sur le territoire palestinien occupé. En septembre 2025, cette instance a conclu qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza et accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi que l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant d’incitation au génocide. Israël a rejeté ces conclusions, les qualifiant de « déformées et fausses ».
Née dans la province sud-africaine du Natal au sein d’une famille d’origine tamoule indienne, Pillay a commencé sa carrière juridique en 1967. Pendant 28 ans, elle a défendu des militants anti-apartheid. En 1973, elle a obtenu que des prisonniers politiques détenus à Robben Island, dont Nelson Mandela, puissent consulter des avocats. En 1995, elle est devenue la première femme non blanche à siéger à la Haute Cour d’Afrique du Sud.
Elle a ensuite rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda, où elle a contribué à une jurisprudence reconnaissant que le viol pouvait constituer un crime contre l’humanité et, sous certaines conditions, un acte de génocide. Juge à la Cour pénale internationale de 2003 à 2008, elle a ensuite dirigé le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme jusqu’en 2014. Elle poursuit son engagement dans la justice internationale en siégeant comme juge ad hoc à la Cour internationale de justice dans l’affaire opposant la Gambie au Myanmar au sujet des accusations de génocide contre les Rohingyas.
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