La ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Dre Sandra Paulemon, a lancé mercredi un appel pressant en faveur d’une accélération du processus électoral, estimant que le pays doit désormais entrer pleinement en « mode électoral ». Ce, lors de la réunion du Comité de pilotage du Projet d’appui au processus électoral, en présence des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), de représentants des Nations unies, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de l’Organisation des États américains (OEA), de l’UNOPS ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Au cours de son intervention, la ministre a rappelé que l’organisation des élections constitue la priorité du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui a fait du rétablissement de l’ordre constitutionnel l’un des principaux objectifs de la transition. Selon elle, l’ensemble des institutions publiques est désormais mobilisé autour d’une feuille de route commune afin d’assurer la mise en œuvre du calendrier électoral.
Tout en reconnaissant l’importance des ressources techniques et financières, Dre Sandra Paulemon a insisté sur la nécessité d’une mobilisation nationale. Elle a rappelé que le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, signé en février dernier, engage les institutions de l’État, les partis politiques, la société civile, le secteur privé, les organisations religieuses, les médias et les citoyens à œuvrer ensemble pour la tenue d’élections crédibles, inclusives et pacifiques.
La titulaire du MPCE a également attiré l’attention sur le fait qu’une génération entière de jeunes Haïtiens n’a jamais connu d’élections nationales ni participé aux débats démocratiques qui les accompagnent. Si le calendrier électoral est désormais établi, elle estime toutefois que le pays n’est pas encore véritablement entré dans une dynamique électorale.
« Nous voulons entendre les émissions spéciales consacrées aux élections sur les radios et les télévisions, voir les panneaux d’information et les affiches dans les rues, les campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les jeunes discuter des enjeux démocratiques et les familles échanger sur leur droit de vote », a déclaré la ministre, plaidant pour le lancement rapide d’une vaste campagne nationale de sensibilisation.
Dre Paulemon a exhorté le Conseil électoral provisoire à rendre le processus électoral visible dans la vie quotidienne des citoyens. Selon elle, il ne s’agit pas uniquement de respecter un calendrier, mais de restaurer la confiance, de stimuler la participation citoyenne et de raviver l’espérance démocratique.
La ministre a par ailleurs détaillé les engagements pris par le gouvernement afin de faciliter l’organisation du scrutin. Elle a annoncé que 120 millions de dollars américains ont déjà été mobilisés pour financer les élections et assuré que ces ressources seront décaissées sans être freinées par les procédures administratives habituelles.
Elle a également fait savoir que le gouvernement accordera un traitement prioritaire aux importations de matériel électoral dans les ports et les douanes, accélérera la production des cartes d’identification nationale par l’Office national d’identification (ONI), renforcera la coordination entre les autorités de sécurité et le CEP, et facilitera, avec les collectivités territoriales, le déploiement des centres de vote et du matériel électoral à travers le pays.
Madame Paulemon a assuré que son ministère poursuivra son rôle de coordination afin de lever les obstacles administratifs, institutionnels et financiers susceptibles de ralentir le calendrier électoral. Elle a également invité le CEP et le PNUD à débloquer rapidement les moyens nécessaires au lancement de la campagne nationale d’information et de sensibilisation.
Pour la ministre, les élections ne se limitent pas à l’organisation d’un scrutin. Elles représentent, selon elle, le socle du retour à des institutions légitimes, de la stabilité politique, de la continuité de l’action publique et de la relance économique.
« Le peuple haïtien doit sentir, entendre et voir que les élections arrivent. Le gouvernement est prêt. Nous attendons désormais que toutes les parties prenantes accélèrent le rythme afin que le pays entre résolument en mode électoral. L’histoire jugera notre capacité collective à tenir ce rendez-vous avec la démocratie. Ne perdons plus une seule journée », a conclu Dre Sandra Paulemon.
