AccueilACTUALITÉDéportations et rapatriements : le GARR alerte sur l’urgence migratoire en Haïti

Déportations et rapatriements : le GARR alerte sur l’urgence migratoire en Haïti

Dans son rapport pour le mois de juillet, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) attire l’attention sur l’augmentation considérable des expulsions et mouvements de retour à la frontière haïtiano-dominicaine. Selon le GARR, 27 817 Haïtiens ont été rapatriés vers le pays au cours de cette période. À ce chiffre s’ajoutent 30 492 retours spontanés et 8 248 refoulements enregistrés aux quatre principaux points frontaliers officiels.

Ces données recueillies entre le 1er et le 31 juillet concernent principalement les postes d’Ouanaminthe, Belladère, Malpasse et Anse-à-Pitres. Ouanaminthe garde le plus grand nombre de rapatriements, avec 10 836 personnes, suivi de Belladère (9 349), Malpasse (5 208) et Anse-à-Pitres (2 424).

Le GARR relève également la présence de personnes particulièrement vulnérables parmi les différents groupes recensés : 175 femmes enceintes, 81 femmes allaitantes, 176 personnes vivant avec un handicap et 222 mineurs non accompagnés.

Le GARR dit craindre une possible augmentation des déportations en provenance des États-Unis, en considérant qu’environ 350 000 Haïtiens sont concernés par la fin du Temporary Protected Status (TPS) et pourraient être exposés à des procédures d’expulsion. L’organisation rapporte également que certains anciens bénéficiaires du dispositif ont été convoqués par les autorités américaines de l’immigration.

Par ailleurs, 303 Haïtiens ont été déportés depuis différents pays en juillet, notamment les Bahamas, les Turks-et-Caïcos et les États-Unis, selon les données compilées par le GARR.

Parallèlement, Face à l’augmentation des arrivées, le GARR estime que les capacités d’accueil et d’assistance disponibles en Haïti demeurent insuffisantes. Son centre de Belladère a, à lui seul, accueilli et accompagné 532 personnes rapatriées en juillet. Les bénéficiaires ont notamment reçu de la nourriture, un hébergement temporaire, des soins médicaux ainsi qu’un soutien psychosocial.

Pour le GARR, les capacités d’accueil sont nettement insuffisantes, l’ampleur de ces mouvements constitue un défi humanitaire majeur pour Haïti. L’organisation appelle les autorités à renforcer les structures d’accueil aux frontières, les mécanismes de protection et les services d’assistance, afin de mieux répondre aux besoins des personnes rapatriées et vulnérables.

Le GARR souligne que l’accumulation des rapatriements, refoulements et retours spontanés intervient dans un contexte où les capacités sociales et humanitaires du pays sont déjà fortement sollicitées. Sans mesures supplémentaires, l’organisation craint que de nouvelles vagues d’expulsions ne viennent accentuer davantage la vulnérabilité des populations concernées.

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