Depuis la fin du Statut de protection temporaire (TPS), les États-Unis ont accéléré les expulsions de ressortissants haïtiens vers leur pays. Lors du vol de l’ICE arrivé au Cap-Haïtien le jeudi 24 septembre, 39 Haïtiens ont été expulsés, portant à 529 le nombre total de personnes renvoyées en Haïti en six vols depuis la fin du TPS, selon les informations communiquées par l’Office national de la migration (ONM). Parmi les personnes expulsées lors de ce dernier vol figuraient notamment 23 anciens bénéficiaires du TPS et six personnes dont les demandes d’asile sont toujours en cours, rapporte le Miami Herald.
Ces renvois interviennent dans un contexte particulièrement difficile en Haïti. Le pays fait face à une grave crise sécuritaire et humanitaire, marquée par l’expansion des violences des gangs, les déplacements massifs de population, l’insécurité alimentaire et la fragilité des services publics. Les Nations unies estiment que près de 1,5 million de personnes sont actuellement déplacées en raison de la violence.
Face à cette situation, les autorités haïtiennes doivent également composer avec l’arrivée croissante de personnes expulsées et les besoins liés à leur accueil et à leur réintégration.
Il faut par ailleurs souligner que le TPS est un dispositif américain permettant temporairement aux ressortissants de certains pays confrontés à des conditions exceptionnelles de rester légalement aux États-Unis et, sous certaines conditions, d’y travailler. Pour Haïti, ce statut avait été justifié par la situation particulièrement difficile du pays. Sa fin a entraîné une augmentation des procédures d’expulsion, tandis que des organisations de défense des droits des migrants contestent les conditions de certains renvois.
De son côté, l’administration américaine maintient sa politique d’application des mesures d’immigration. Le gouvernement haïtien a, pour sa part, appelé à ce que les personnes renvoyées soient accueillies dans des conditions respectueuses de leur dignité.
